Part 1 — Le billet aller simple

 

 

Ma mère de 70 ans est allée chez le dentiste. « Nettoyage à 120 dollars. » Elle n’est jamais rentrée à la maison. J’ai vérifié sa carte bancaire. Un débit de 4 000 dollars dans une agence de voyages. Je m’y suis rendue. L’agent a reconnu sa photo.

« Elle a acheté un billet aller simple pour Paris. » Ma mère déteste prendre l’avion. Le deuxième passager de la réservation était un homme. Son nom correspondait à celui du dentiste. Je suis retournée à la clinique. Fermée à clé. Une pancarte « À vendre » était accrochée à la fenêtre.

La police a forcé la serrure. La clinique était complètement vide. Plus de fauteuils. Plus rien. Mais sur le comptoir d’accueil se trouvait un mot écrit de la main de ma mère : « Ne me cherche pas. » Le vol partait dans 6 heures, et l’homme…

…qui voyageait avec elle n’était pas son dentiste.

Pas vraiment.

Le policier m’a montré une copie de son permis professionnel.

Le nom correspondait.

La photo, non.

L’homme qui travaillait dans cette clinique depuis huit mois utilisait l’identité d’un dentiste décédé deux ans plus tôt.

Mon sang s’est glacé.

« Alors qui est-il ? »

Le policier secoua la tête.

« C’est ce qu’on essaie de découvrir. »

Je regardais encore le mot de ma mère.

Ne me cherche pas.

Quelque chose me dérangeait.

Ma mère écrivait toujours son « N » d’une façon particulière, presque comme un « M ».

Sur ce mot, le N était parfait.

Trop parfait.

« Elle n’a pas écrit ça librement », ai-je dit.

Le policier me regarda.

« Pourquoi ? »

Je lui ai expliqué.

Il a immédiatement placé le papier dans une pochette.

Puis mon téléphone a sonné.

Numéro inconnu.

J’ai décroché.

Silence.

Puis la voix de ma mère.

« Sophie ? »

J’ai failli m’effondrer.

« Maman ! Où es-tu ? »

Elle parlait très bas.

« Écoute-moi. Tu ne dois pas venir à l’aéroport. »

« Qui est avec toi ? »

Silence.

Puis une voix d’homme au loin.

Ma mère a repris, plus vite.

« Tu te souviens de la boîte bleue de ton père ? »

Je me suis figée.

Mon père était mort neuf ans plus tôt.

Il gardait autrefois une petite boîte métallique bleue dans son bureau.

Après sa mort, ma mère m’avait dit l’avoir jetée.

« Oui. »

« Je ne l’ai jamais jetée. »

Un bruit sec.

Puis elle a chuchoté :

« C’est pour ça qu’il m’a trouvée. »

La ligne a coupé.

Je me suis tournée vers le policier.

« Il ne veut pas ma mère. Il veut quelque chose qu’elle possède. »

Nous avons foncé chez elle.

Dans son bureau, tout semblait normal.

Puis j’ai remarqué que le vieux portrait de mon père était légèrement de travers.

Derrière, une petite ouverture avait été creusée dans le mur.

La boîte bleue était là.

À l’intérieur, il n’y avait ni bijoux ni argent.

Seulement une clé, plusieurs vieilles photographies et une enveloppe portant mon nom.

J’ai ouvert la première photo.

Mon père y apparaissait trente ans plus jeune.

À côté de lui se tenait un homme.

J’ai immédiatement reconnu le visage.

Le faux dentiste.

Au dos, mon père avait écrit :

Marc Delcourt. Ne jamais lui faire confiance.

Je suis restée sans voix.

Le policier a pris la photo.

« Vous connaissez ce nom ? »

« Non. »

Puis j’ai ouvert l’enveloppe.

À l’intérieur, une lettre de mon père.

Une seule phrase était soulignée :

S’il revient un jour, c’est qu’il cherche ce que j’ai caché à Paris.

Et en dessous se trouvait une adresse.

À Paris.

Alors j’ai compris.

Ma mère ne fuyait pas avec cet homme.

Elle essayait de l’empêcher d’arriver seul jusqu’à quelque chose que mon père avait dissimulé trente ans auparavant.

Et le vol partait toujours dans moins de six heures.

Cliquez ici pour lire la suite et découvrir la fin complète de l’histoire :Part 2 — Ce que mon père avait caché

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