PARTIE 12 – La décision de vendre la maison bouleverse Dana sans lui retirer ce qu’elle a construit

Au mois de février, l'organisme prêteur m'a envoyé ses conditions de refinancement.

J'ai lu les chiffres deux fois.

Même avec un règlement financier favorable, garder la maison me laisserait peu de marge pour les imprévus.

Les taxes foncières avaient augmenté.

Le toit aurait besoin de travaux dans les prochaines années.

Je ne voulais pas passer la suite de ma vie à défendre une adresse au prix de ma tranquillité.

J'ai pris rendez-vous avec un conseiller financier indépendant.

Nous avons établi trois budgets.

Le premier supposait que je conservais la maison.

Le deuxième prévoyait un logement plus petit dans le même secteur scolaire.

Le troisième utilisait une période de location avant un éventuel achat.

Lors des visites de la maison, une jeune femme s'était arrêtée devant le mur où nous avions marqué la taille des enfants.

Elle m'avait demandé si ces traits pouvaient être conservés.

Je lui avais répondu qu'ils faisaient partie de notre histoire et que nous aimerions les photographier avant le déménagement.

Elle avait regardé les inscriptions.

« Je suis enseignante », avait-elle dit. « J'aime beaucoup ce genre de traces. »

Je n'avais pas su quoi répondre.

Je m'étais préparée à entendre que les marques rendaient le mur moins présentable.

Elle y voyait un souvenir.

Ce soir-là, j'avais montré la photographie du mur à Ellie.

Elle avait zoomé sur les petits traits de crayon.

« Celui-là, c'est quand j'avais sept ans. »

« Oui. Tu voulais absolument mesurer ta taille avec tes chaussures. »

Elle avait ri.

L'été suivant, Ellie m'a demandé si elle pouvait partir trois jours avec une amie et sa famille.

Autrefois, j'aurais répondu oui ou non en fonction de ce que Scott en penserait.

Cette fois, j'ai vérifié les informations nécessaires.

Je voulais connaître les adultes présents, les coordonnées et l'organisation des transports.

J'ai également consulté les modalités parentales qui s'appliquaient au séjour.

Scott a reçu les renseignements.

Il avait des questions.

Nous avons échangé sans nous reprocher notre prudence.

Finalement, le voyage a été autorisé.

Ellie est revenue avec un appareil photo jetable et du sable dans ses chaussures.

Elle m'a raconté le trajet, les glaces mangées sur la plage et une nuit où tout le monde avait ri jusqu'à minuit.

Je l'ai écoutée.

Elle n'a pas eu à me raconter ce qu'elle avait dit à son père.

Ce séjour m'a rappelé que nos enfants allaient grandir en dehors de notre divorce.

Ils auraient des amitiés, des aventures et des chagrins qui n'auraient rien à voir avec notre histoire.

Je voulais leur laisser cet espace.

Ben a commencé à s'intéresser à la réparation de vélos.

Il avait récupéré un vieux modèle chez un voisin.

Un samedi, nous l'avons démonté dans le garage.

Je lui ai montré comment ranger les vis dans des boîtes séparées.

Il a fait semblant de trouver ma méthode excessive.

Puis il a perdu une petite rondelle.

Nous avons passé dix minutes à la chercher.

« D'accord », a-t-il reconnu. « Les boîtes, c'est utile. »

Nous avons terminé la réparation avant le dîner.

Il est parti faire un tour dans la rue.

Je l'ai regardé revenir, fier de son travail.

J'ai pensé à mon père.

Il aurait aimé cette scène.

« Tu avais refusé. »

« J'étais très stricte sur les règles de mesure. »

Nous avions décidé de créer un album pour la maison.

Pas un album destiné à faire souffrir les enfants.

Un album pour conserver les bons souvenirs sans prétendre que les choses n'avaient pas changé.

Nous y avons mis les photographies du jardin, de la porte d'entrée et de la vieille table.

Ben a ajouté un dessin du garage.

Il voulait surtout qu'on n'oublie pas l'endroit où il avait appris à réparer son vélo.

Je lui ai promis que nous trouverions un autre endroit pour les outils.

Il a dit qu'il faudrait alors acheter une boîte à vis.

J'ai inscrit « boîte à vis » sur la liste du déménagement.

Aucun ne résolvait tout.

Mais le second me donnait de l'air.

J'ai apporté les tableaux à Claire.

« Je crois qu'il faut vendre. »

Elle m'a demandé si Scott partageait cette possibilité.

« Il veut la vendre parce qu'il pense qu'elle lui appartient. Je veux la vendre parce que je ne veux pas être prisonnière d'elle. »

« Ce sont deux raisons différentes. Le résultat peut néanmoins être négocié. »

Nous avons prévu qu'aucune décision définitive ne serait prise avant les accords nécessaires sur la vente et la répartition du produit net.

Quand j'en ai parlé aux enfants, j'ai choisi un samedi après-midi.

Ils avaient mangé.

Nous étions assis autour de la table.

Je ne voulais pas faire de cette conversation un événement solennel où ils auraient l'impression de devoir prendre soin de moi.

« Papa et moi pensons qu'il serait plus simple de vendre cette maison », ai-je commencé.

Ellie s'est raidie.

Ben a demandé s'il devrait changer de collège.

« Je cherche un endroit où vous pourrez garder votre école et vos amis. »

Ellie a regardé le couloir.

« Et les marques sur le mur ? »

« Nous allons les photographier. Et je vais voir si le nouveau propriétaire accepterait que nous gardions une partie amovible, si c'est possible. »

Elle a paru sceptique.

Je n'ai pas essayé d'arranger immédiatement sa tristesse.

Ben est allé chercher du papier quadrillé.

« On pourrait dessiner nos chambres ? »

Nous avons commencé par des plans ridicules.

Il voulait une pièce avec un panier de basket intérieur.

Ellie voulait une fenêtre donnant sur des arbres.

Je voulais une cuisine où le lave-vaisselle fermerait correctement.

Nous avons ri.

Puis Ellie s'est mise à pleurer.

Je l'ai prise contre moi.

« Tu as le droit d'être triste », ai-je murmuré.

Elle a demandé si elle pouvait appeler son père.

J'ai dit oui.

Elle l'a appelé depuis sa chambre.

Je ne suis pas restée derrière la porte.

Plus tard, Scott m'a envoyé un message.

Il acceptait d'examiner une mise en vente organisée par les avocats.

Il proposait aussi de transporter quelques cartons quand le moment viendrait.

J'ai répondu que nous en reparlerions en temps voulu.

Je n'avais aucune intention de confondre coopération pratique et réconciliation sentimentale.

Mais je reconnaissais qu'il avait, cette fois, répondu comme un parent qui pensait aux enfants.


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Le compte oublié par Scott et les premières questions que mon avocate osa lui poser

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