Le premier repas de famille après le règlement eut lieu chez Beth.
Elle avait préparé un poulet rôti.
Thomas arriva avec un gâteau.
Rachel apporta une grande salade.
Gary n'était pas invité à ce repas.
Il avait vu les enfants la semaine précédente.
Nous avions convenu de ne plus faire de chaque anniversaire une négociation entre nous.
Je trouvais cela triste.
Je trouvais cela nécessaire.
À table, Beth me demanda si j'avais décidé de voyager.
« Pas encore. »
« Maman, tu peux partir où tu veux. »
Je regardai ma petite-fille qui essayait de couper une pomme de terre.
« Je sais. Mais aujourd'hui, je suis très bien ici. »
Thomas rit.
« Elle va encore nous expliquer que son meilleur luxe, c'est un chauffe-eau neuf. »
« Il fonctionne parfaitement », répliquai-je.
Tout le monde se mit à rire.
Après le repas, Rachel me rejoignit sur la terrasse.
« Papa a demandé si tu lui en voulais toujours. »
Je m'appuyai contre la rambarde.
« Je crois que je lui en voudrai parfois encore longtemps. »
« Tu veux que je lui dise ? »
« Non. Ce sont mes sentiments. Tu n'as pas à les transporter. »
Rachel regarda le jardin.
« Il essaie d'être différent. »
« J'espère qu'il réussira. »
« Mais tu ne veux pas revenir. »
« Non. »
Elle hocha la tête.
« Je pense qu'il commence à le comprendre. »
Pendant que nous parlions, Beth sortit avec une boîte de restes.
Elle me la mit dans les mains.
« Pour demain. »
« Tu me prends pour une femme incapable de cuisiner ? »
« Absolument. Tu fais toujours trop cuire le poulet. »
Je lui lançai un regard outré.
Puis nous rîmes ensemble.
Sur la route du retour, je pensai aux années où j'avais eu peur d'une séparation parce qu'elle détruirait forcément notre famille.
Notre famille avait changé.
Les habitudes étaient moins simples.
Les invitations demandaient parfois un peu plus d'organisation.
Mais mes enfants n'avaient pas disparu.
Ils étaient toujours là.
Ils n'avaient pas à payer pour les décisions de leur père.
Et ils n'avaient pas à me prouver leur fidélité en le rejetant.
Je rentrai à la maison avec une boîte de poulet.
Et l'impression délicate de pouvoir respirer sans demander la permission.
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La signature au dos du ticket et l’appel que Gary ne voulait surtout pas que je reçoive
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