PARTIE 15 – Patty choisit enfin ce qu’elle veut faire de la maison et de son temps

Au printemps, les tomates repoussaient.

Je me réveillais tôt par habitude.

Je préparais mon café.

Puis j'ouvrais la fenêtre de la cuisine.

Gary n'était plus là pour commenter le prix des courses.

Parfois, le silence me paraissait immense.

D'autres matins, il me semblait doux.

L'agente immobilière revint pour une estimation actualisée.

Elle visita les chambres.

Elle nota la lumière du salon.

Elle observa les volets bleus.

« Vous avez prévu de vendre ? »

« J'avais besoin de savoir ce que vaut la maison. »

Elle me donna une fourchette raisonnable et m'expliqua les frais possibles d'une vente.

Je la remerciai.

Après son départ, je m'assis sur les marches.

Une famille passait à vélo.

Les enfants se poursuivaient en riant.

Je repensai aux jours où Rachel, Thomas et Beth couraient dans l'herbe.

J'avais cru que conserver cette maison signifiait conserver notre mariage.

Je compris que ce n'était pas nécessairement le cas.

Il me restait à décider si j'aimais encore ce lieu pour lui-même.

Je parcourus chaque pièce.

Je découvris les petites réparations que j'avais toujours repoussées.

Une poignée branlante.

Un rideau effiloché.

Une étagère trop haute pour moi.

Je décidai de rester, au moins pour les années proches.

Je fis refaire les volets.

Je demandai à Thomas de m'aider à déplacer le buffet.

Je transformai l'ancien bureau de Gary en chambre d'amis pour Ellen.

Nous choisîmes ensemble un couvre-lit à fleurs.

« Tu as toujours détesté les fleurs imprimées », remarqua-t-elle.

« J'ai peut-être changé d'avis. »

Elle leva un sourcil.

« Ou tu peux enfin choisir. »

Je ne répondis pas.

Je lui lançai un coussin.

Quelques semaines plus tard, je suivis un cours de peinture à la bibliothèque.

Je n'étais pas particulièrement douée.

Mon premier paysage ressemblait à une pomme de terre verte.

Mais j'y retournai le jeudi suivant.

Une femme du groupe, June, me proposa de prendre un café.

Nous parlâmes de nos enfants et de la pluie.

Pas une seule fois de mon divorce.

Je ne lui cachais pas ma vie.

J'étais simplement heureuse qu'une nouvelle amitié puisse commencer par autre chose que mon malheur.

Un soir, j'accrochai ma peinture ratée près de la porte du jardin.

Je reculai pour l'observer.

Puis je souris.

Je n'avais plus besoin que tous les objets de cette maison racontent une vie à deux.


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Story Parts

La signature au dos du ticket et l’appel que Gary ne voulait surtout pas que je reçoive #11

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